GAZ de SCHISTE – Lettre ouverte à Mme Christine Clerc suite à son article dans l’édition de Béziers du Midi Libre, parue le dimanche, 16 février.

Publié: 24février par clata2013 dans Actualité, IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX ET SANITAIRES, Le gaz de schiste?, lettre ouverte, Mobilisation ailleurs, MOBILISES ET COMBATIFS, Mobilsation en France, NI ICI NI AILLEURS
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Lettre ouverte à Mme Christine Clerc

Madame,

Nous avons lu avec attention – et incrédulité – votre article dans l’édition de Béziers du Midi Libre, parue le dimanche, 16 février.

Permettez-nous d’attirer votre attention sur les points suivants qui semblent vous avoir échappé :

Vous citez Mme Maud Fontenoy : « C’est très bien de défendre les baleines, mais il faut aussi défendre les êtres humains et leur emploi. » Or, l’un des droits de l’homme les plus fondamentaux est bien le droit à un environnement sain, de l’air pur, de l’eau propre, une terre non polluée. Et c’est justement ce dont seront privés les peuples si l’exploration/exploitation de ce combustible fossile se généralise. Nul besoin de répéter ce que nous savons tous, que cette industrie est une calamité environnementale. Il est plus facile de répéter les arguments des lobbys que d’aller voir ce qui se passe à Dimock Township en Pennsylvanie ou à Pavillon dans le Wyoming, ou à Kutno en Pologne. Savez-vous que l’exploration serait presqu’aussi catastrophique que l’exploitation, dans la mesure où les forages profonds libèrent des métaux lourds et des radionucléides présents naturellement à de grandes profondeurs ?

Nous savons tous que les eaux souterraines vont là où elles le veulent, donc croire qu’il n’y aurait pas de migration jusque dans les aquifères relève de l’inconscience. Savez-vous que les émissions de méthane, puissant gaz à effet de serre, sont systématiquement sous-estimées au USA : d’après l’Université de Stanford, elles sont sous-estimées de 25 à 75% ?

Ignorez-vous aussi que la solution « miracle » de la fracturation au heptafluoropropane ( HFC-227ea ) 

serait catastrophique pour l’environnement et pour ceux qui travaillent dans l’industrie ou habitent aux alentours ? En effet, c’est un très puissant gaz à effet de serre (ayant un potentiel de réchauffement global à 20 ans 4300 fois plus élevé que le CO2 et 2500 plus élevé à 100 ans : UNFCC), qui peut , à haute température , se décomposer en acide fluorhydrique ou fluorure d’hydrogène, HF, substance très corrosive et donc, très dangereuse. Il n’y a pas de fracturation propre !

Les accidents et incidents liés à l’industrie sont bien documentés aussi pour celui qui prend le temps de s’informer objectivement : stations de compression qui explosent, déversements accidentels de déchets de fracturation, incendies de puits, comme celui de la semaine dernière en Pennsylvanie , dont on ignore toujours l’origine, sans parler des contaminations d’eau, avérées aussi bien aux USA  qu’en Australie ou en Pologne. 

Puis, les inondations de plus en plus fréquentes : imaginons que les puits de gaz de schiste soient inondés, comme cela a été le cas au Colorado en septembre dernier. Où est passé le contenu des bassins de décantation des liquides de fracturation ? Où sont passées les boues de forage hautement toxiques ? L’avenir nous le dira !

Les sismologues s’inquiètent de la multiplication de séismes dans les zones de forage ; nous sommes tous au courant de ce qui s’est passé quand Cuadrilla Ressources a foré dans le Lancashire, par exemple. Imaginons ce qui pourrait se passer dans notre petit pays, dont la densité démographique est très supérieure à celle des USA en cas de séisme à proximité d’une de nos centrales nucléaires….. D’ailleurs, votre petite phrase sur le nucléaire ne mérite qu’un mot en réponse : Fukushima !

Et puis, l’économie. Vous semblez ignorer, comme Mme Fontenoy, le fait qu’il a été établi, de façon indiscutable, que l’exploitation du gaz de schiste n’aurait qu’un impact très faible sur l’emploi et sur l’économie en général. Il suffit, pour vous en convaincre, de lire l’étude publiée le 12 février par l’Institut du développement durable et des relations internationales( Sciences PO ), ou le livre de Thomas Porcher, « Le Mirage du Gaz de schiste » pour vous en convaincre. Obama peut se féliciter du fait que 500 000 emplois ont été créés aux USA, mais ne dit pas qu’il a fallu forer le même nombre de puits de gaz de schiste pour y arriver ! Un emploi  pérenne par puits, c’est peu, vous en conviendrez, d’autant plus qu’un à deux millions d’emplois seraient perdus dans les secteurs de l’agriculture et du tourisme  en France!

En 2011, déjà, dans le New York Times, on qualifiait la ruée sur le gaz de schiste de bulle spéculative, susceptible de mettre en danger l’économie américaine. On dénonçait aussi la stratégie employée par les industriels pour faire croire à l’eldorado, c’est à dire le « overbooking », ou surestimation des réserves : nous avons  vu cette stratégie employée en Pologne- l’industrie présentée comme  une source de richesses, d’indépendance, mais en fin de compte, les estimations ont été divisées par 5, et les grandes compagnies sont parties, mais non sans avoir foré et sans que le peuple ait subi répression et déni de démocratie, comme c’est le cas actuellement en Roumanie.

Vous parlez de la Grande Bretagne, des investissements français, – qui, dans le cas de GDF-SUEZ notamment,  devraient être une source de honte pour notre pays – de création de richesses, mais pour qui ? Pour les actionnaires de ces sociétés, sans aucun doute, sûrement pas pour le peuple qui aura à faire face aux conséquences sanitaires et environnementales, mais aussi économiques : perte de valeur de leurs biens immobiliers, refus par les compagnies d’assurer ceux qui ont le malheur d’habiter à proximité d’un site de forage ou de travailler pour cette industrie.

Nous avons un pays sain, une agriculture capable de nourrir la population, des paysages magnifiques, qui attirent des millions de touristes chaque année. Les Français y tiennent et ce ne sont pas des statistiques tirées d’un sondage des lecteurs du Figaro  qui nous convaincront du contraire ! 

Laissons notre terre tranquille ! Laissons les bêtises aux autres, aveuglés par la cupidité! Ne lâchons pas la proie pour l’ombre !

Non aux gaz et huile de schiste, ni ici, ni ailleurs !

Collectifs citoyens signataires :

Collectif Pézenas, Castelnau de Guers et environs ( 34 )

Collectif  ‘Eco’lectif de Gignac et environs ( 34 )

Collectif  Corbières  Non au Gaz de Schiste ( 11 )

Collectif ‘Gaz de Schiste non merci’ de Clapiers ( 34 )

Collectif du Ceressou ( 34 )

Collectif Montpellier Littoral contre les Gaz,Pétroles de Schiste (34 )

Collectif Campagnan-Saint Pargoire ( 34 )

Association Halte au Gaz de Schiste Littoral Biterrois ( 34 )

Collectif Orb Jaur Non au Gaz de Schiste ( 34 )

Collectif Narbonnais Non au Gaz de Schiste ( 11 )

Collectif NON AU GAZ DE SCHISTE CANAL LIROU ( 34 )

Collectif  Non au Gaz de Schiste Biterrois (34 )

Collectif Stop Gaz de Schiste 34 (34)

Collectif  Non eu Gaz de Schiste  Minervois (11)

Collectif  Non au Gaz de Schiste de Montpeyroux ( 34 )

Collectif  Non au Gaz de Schiste d’Arboras ( 34)

Collectif Stop Gaz de Schiste Littoral 34 (34 )

Collectif Garrigue-Vaunage ( 30 )

Collectif  Isèrois Stop aux GHRM 38 ( 38 ) 

http://www.herault-tribune.com/articles/20591/gaz-de-shiste-lettre-ouverte-a-mme-christine-clerc/

 

 

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