Après plusieurs semaines de silence et de mutisme, la Ministre de l’Écologie Ségolène Royal a bien voulu répondre à une lettre que le Député du Gard Fabrice Verdier lui avait adressé le 11 juin 2014 concernant la situation du permis « Plaine d’Alès », pour lequel une demande de prolongation exceptionnelle avait été déposée par Diamoco Energy et Bridgeoil.

Par contre, notre courrier du 4 juin 2014, où nous attirions son attention sur les aspects juridiques de cette prolongation et où nous lui demandions de refuser celle-ci, est toujours resté sans réponse.

Dans son courrier du 30 septembre 2014 adressé au Député, la Ministre ne répond pas aux interrogations portant sur la non-validité de la mutation du permis au profit de Diamoco Energy qui n’est pas propriétaire du permis.

Elle esquive le fait que ce permis a été délivré sans aucune consultation de la population et des élus locaux. Elle n’évoque à aucun moment la contradiction d’exploiter des hydrocarbures sur un territoire qui a investi dans des politiques de préservation de la ressource en eau et axé son développement économique sur le tourisme et l’agriculture.
Se cachant derrière une recherche d’hydrocarbures conventionnels (le code minier ne différenciant pas le conventionnel du non-conventionnel), la Société Bridgeoil vise à terme l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures non-conventionnels, dévastatrices pour l’environnement et pour l’aménagement du territoire ainsi que destructrices pour l’économie locale et les emplois.

La Ministre a déclaré, concernant le permis de recherche dit du « Calavon » au cœur du Luberon, que l’entreprise détentrice de ce permis peut être tentée d’exploiter les gaz de schiste à défaut de trouver des hydrocarbures conventionnels.

« C’est précisément ce que je ne veux pas voir, non seulement dans le Parc du Luberon mais partout ailleurs ! » a-t-elle conclu.(1)

Au regard de cet argument sans équivoque, la question de la pertinence d’accorder la prolongation du permis « Plaine d’Alès » se pose. Pour rappel, le permis « Plaine d’Alès » est situé au pied des Cévennes qui ont été inscrites au Patrimoine Mondial de l’Humanité. Elle engage l’État à protéger la valeur de ces paysages exceptionnels façonnés par la main de l’homme depuis des millénaires.

Pourquoi refuser le permis de recherche du Calavon et ne pas refuser la prolongation du permis « Plaine d’Alès » proche d’un site classé et protégé ?

Le collectif Basta! Gaz Alès demande à la Ministre de ne pas signer cette demande d’autorisation de prolongation pour le permis « Plaine d’Alès », de ne plus signer d’attribution, de prolongation, ni de renouvellement ou de mutation de permis exclusif de recherches d’hydrocarbures !

Nous appelons donc la population à se mobiliser Samedi 11 Octobre à Narbonne et à Nîmes pour la journée internationale contre les gaz et huiles de schiste et de houille afin d’affirmer son opposition à l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels.

(1) http://www.batiactu.com/edito/segolene-royal-reaffirme-son-opposition-au-gaz-de–39305.php

    http://www.actu-environnement.com/ae/news/gaz-schiste-royal-luberon-parc-naturel-debat-22898.php4

Le communiqué de presse à télécharger :20141009CPReponseRoyal

La réponse de la Ministre au député du Gard Fabrice Verdier :Réponse de Ségolène Royal – Permis plaine d’Alès

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