Avion: la société EGL autorisée à réaliser un forage d’exploration du gaz de houille

Publié: 18octobre par clata2013 dans Actualité, France, Gaz de houille ou de couche, HYDROCARBURES NC, LES PERMIS, Les Permis en France, NI ICI NI AILLEURS
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Bertrand Péricaud, conseiller régional communiste et président de la commission de développement économique, se souvient bien de la première fois où on parlé du gaz de houille.

C’était lors d’une rencontre à l’Elysée en 2011 où on passait en revue les projets régionaux. « Arnaud Montebourg nous a dit que nous devrions regarder le potentiel du gaz de houille. Même si c’est l’État qui donne les autorisations de forer et que la voix de la Région n’est même pas consultative, nous avions besoin d’un éclairage sur le sujet. » À l’époque on parlait beaucoup de gaz de schiste au États-Unis et des ravages sur l’environnement, ce qui a conduit au vote d’une loi interdisant la fracturation hydraulique le 13 juillet 2011.

Le conseil régional décide donc de lancer une mission d’enquête sous l’égide du schéma régional de développement économique. Les auditions de scientifiques, de spécialistes comme EGL (partenaire de Gazonor pour l’éventuelle exploitation du gaz de houille), des acteurs économiques… se succèdent. Une visite sur le terrain, en Moselle où l’exploration a déjà commencé est organisée en janvier 2014. « La Lorraine a deux ans d’avance sur nous. Nous avons visité les forages, rencontré les élus des communes concernées. Là bas, même les Verts au conseil régional y sont favorables. » Dans notre région, il semble se dégager une belle unanimité autour du dossier… sauf chez les Verts.

La conclusion de tout ce travail ? D’abord qu’il n’y a pas de risque insurmontable en terme écologique pour mener des forages d’exploration. Même s’il faudra prendre garde à la ressource en eau. La nappe phréatique est située à 300/400 mètres alors qu’on va forer à 1 000/1 500 mètres.

Ensuite, il est nécessaire de forer pour connaître le vrai potentiel de gaz et les conditions de son exploitation. Ce n’est qu’à la lumière de ces enseignements que l’État décidera ou pas d’autoriser l’exploitation.
« La mission d’enquête préconise plusieurs choses : travailler en commun avec la Lorraine ; mettre en place des projets de recherche, créer un comité de suivi régional décliné localement. EGL veut investir 17 M € pour cinq forages d’exploration dont Avion et Divion. Pour ces derniers, la société a obtenu les arrêtés préfectoraux. Quoi qu’il en soit, elle ne pourra pas faire d’exploitation sans nouvelle autorisation de l’État. Ce que l’on sait, c’est que l’exploration à Avion et Divion n’aura pas lieu en 2014 ; peut-être même pas en 2015. » On estime que 500 emplois pourraient être créés.

Un potentiel de douze ans de consommation de gaz

La direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DRÉAL) a estimé les réserves de gaz de houille dans la région à cinquante milliards de mètres cube soit l’équivalent de douze années de consommation. Volume qui ne pourrait être extrait que sur une durée d’exploitation de vingt-cinq ans.

La DRÉAL précise qu’il ne s’agit que « d’estimations qui devront être vérifiées par des forages d’exploration et des tests de production ». Bertrand Péricaud précise que le gaz aurait une utilisation locale et ne servirait pas à de la spéculation sur les marchés.
Selon l’Institut français du pétrole, le potentiel en Lorraine est, lui, estimé à 371 milliards de mètres cube à partir de trente centres de production.

Rappelons qu’à Avion, le gaz de mine est extrait depuis 1991. La société Gazonor concessionnaire des forages a capté, en 2012, 75 millions de mètres cube soit l’équivalent de la consommation d’une ville de 60 000 habitants.Devant la baisse de la qualité de son gaz (la teneur en méthane baisserait régulièrement), Gazonor a demandé à l’État l’autorisation de transformer le gaz en électricité qui serait réinjectée dans le réseau. Un projet de mini centrale électrique est proposé pour la fosse 5 d’Avion. On attend les dernières autorisations.

Début d’exploration à la mi-2015

« D’un point de vue technique, nous sommes quasiment prêts, explique Julien Moulin, président d’EGL (European Gas Limited). Nous attendons, avant de commencer, de bien informer les populations. Nous avions laissé notre partenaire Gazonor s’occuper de cette partie, mais il n’a pas communiqué, pensant que son statut d’acteur local suffisait. » Pour Julien Moulin, l’idéal serait d’aller à la rencontre des habitants d’Avion et de Divion fin 2014, début 2015. Ce qui permettrait de lancer l’exploration dans la première partie de 2015. « Nous ne voulons pas précipiter les choses mais bien expliquer ce que nous allons faire (un forage d’un diamètre de 20 cm2). En Lorraine nous avons travaillé en amont avec les associations, les populations, les élus et nous n’avons eu aucune opposition. Dans la région, nous allons venir avec encore plus d’éléments concrets. »

Julien Moulin estime qu’il serait « stupide de ne pas utiliser les connaissances fournies par les Houillères et l’héritage des mines pour produire une énergie propre. Nous allons creuser un maximum de 20 à 30 puits dans la région, c’est microscopique ». EGL qui voudrait contractualiser avec des collectivités ou des industries locales pour fournir le gaz, entend aussi reverser une part aux communes. « C’est à définir mais ce pourrait être 1 ou 2 % des recettes. »

http://www.lavoixdunord.fr/region/avion-la-societe-egl-autorisee-a-realiser-un-forage-ia35b54044n2442876

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