En France, Monsieur Hollande, au Canada, Mister Oil-land : le double jeu du président…

Publié: 2novembre par sebasta dans Actualité, ECONOMIE, ENERGIE ET CLIMAT, sables-bitumineux
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François Hollande en visite officielle au Canada

LE MONDE | Par Martine Jacot

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La visite d’État que François Hollande doit effectuer du 2 au 4 novembre au Canada — la première d’un président français depuis celle de François Mitterrand en 1987 — débutera non pas dans la capitale, Ottawa, mais 3 300 kilomètres plus à l’ouest, dans l’Alberta, devenu le « Texas canadien » grâce à l’exploitation, controversée, de ses sables bitumineux. Accompagné de six ministres, dont M. Fabius, et d’une importante délégation d’hommes d’affaires, de responsables scientifiques et de présidents d’université, M. Hollande évitera les champs pétrolifères si décriés pour les dommages qu’ils causent à l’environnement, et où Total a de gros intérêts. Il passera la journée de dimanche à Banff, petite station balnéaire huppée au cœur des Rocheuses, avant de se rendre à Ottawa, à Québec puis à Montréal.

Pourquoi cette première étape ? L’Alberta, terre des rodéos de cow-boy, est la province où le très conservateur premier ministre du Canada, Stephen Harper, élu de Calgary, le centre économique, a commencé sa carrière politique, elle est aussi la province qui tire actuellement l’économie canadienne, avec un taux de croissance de 3,7 % (le double de celui du Canada), celle où le PIB par habitant est le plus élevé d’Amérique du Nord, sur fond de quasi plein emploi, celle où Veolia et Suez Environnement viennent de remporter des contrats. Peu peuplée (4,1 millions d’habitants sur un territoire plus grand que la France), l’Alberta recèle les troisièmes réserves mondiales de pétrole, derrière l’Arabie saoudite et le Venezuela.

Une richesse que le gouvernement canadien entend exploiter au maximum : il compte tripler, d’ici à 2030, la production de sables bitumineux, actuellement de 1,8 million de barils par jour, même si elle consomme énormément d’eau et d’énergie, et rejette quantité de polluants. Dans cette perspective, les besoins de l’Alberta sont énormes, en capacité de transformation du pétrole brut, en infrastructures pour acheminer cet or noir par pipeline ou par train, en dispositifs de dépollution et… en énergies renouvelables pour donner le change. La France est engagée dans un projet de fermes éoliennes près de Calgary.

La suite sur : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/11/01/francois-hollande-en-visite-officielle-au-canada_4516515_3222.html

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