In Salah. Sahat Essoumoud. Il est 20h passé ce mercredi 21 janvier et la «place de la Résistance», baptisée ainsi par les manifestants anti-gaz de schiste, est en ébullition.  Des airs de pré-émeute plombent les lieux et l’ambiance. «Tassiid, tassiid» (escalade, escalade), clament à plein poumons les dizaines de protestataires campant depuis vingt et un jour à même l’esplanade de la daïra.

Abdelmalek Sellal, le Premier ministre, venait tout juste de larguer sa bombe, annonçant la poursuite des forages exploratoires à seulement une trentaine de kilomètres au sud d’In Salah, pulvérisant ainsi espoirs et attentes des populations du Sud quand à un renoncement officiel et définitif à l’alternative du non-conventionnel. De la désillusion, de l’abattement. De la colère. La placette change de morphologie.

L’ambiance bon enfant, de bivouac, cède face à la tension montant crescendo, aussi à la crainte d’un assaut policier imminent et au vertige de l’embrasement généralisé. Les femmes et jeunes filles, en sit-in permanent depuis le début du mois, ont quitté les lieux dès la tombée de la nuit. Les voitures de police rodent sans cesse autour de la place, les édifices publics sont couvés par des CRS à cran. Huit vols spéciaux transportant des policiers anti-émeute ont été acheminés ces derniers jours à In Salah, témoigne une source à l’aéroport. Des policiers en civil sont invités, sans force politesse, à décamper illico presto.

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