Archives de la catégorie ‘22 sep 2012’

PC_110324_46u00_forage-gaz_sn635

Ma famille et moi sommes déménagé de l’Alberta en septembre dernier pour améliorer notre qualité de vie. Nous avons choisi de vivre près de la ville natale de mon épouse au Nouveau-Brunswick. Un endroit où le train de vie est plus lent et plus facile à gérer. Maintenant, nous apprenons que notre région est visée pour du développement pétrolier et gazier.

Je ne veux pas de fracturations hydrauliques dans ma ville.

Voici pourquoi: Çà commence avec les arpenteurs, ensuite les forages, les fracturations hydrauliques, ensuite la complétion (NDLR: rendre le site du puits prêt pour la production), et le cimentation. Habituellement, les arpenteurs font peu de bruit.

Mais ensuite, l’équipe de construction arrive avec leurs gros camions remorques, leurs bulldozers et leurs excavatrices. Pour les prochaines 2 semaines, on peut entendre le bruit à des milles de distance, toute la journée, et toute la nuit. La nature ne sera jamais plus la même. Jamais.

Ensuite viennent les transporteurs de la tour de forage. De gros camions qui auront voyagé pendant une semaine environ avec un voyage surdimensionné conduits par des chauffeurs fatigués d’avoir négocié des petites routes d’arrière pays: tout un défi. Les routes seront endommagés jusqu’à la fondation.

Ensuite une équipe de forage viendra pour une période qui varie entre 4 et 6 mois, selon si les choses vont bien ou pas. Les frackeurs viendront ensuite pour faire partir le puits en production. Cela pourrait prendre de 3 à 45 jours, selon le programme du puits. Cela vient avec une circulation dense de camions sur les autoroutes qui dure 24 heures par jour. Toutes sortes de recettes de mélanges de fluides et de sable seront utilisées, dont certains ingrédients sont dangereux. Rien ne sera étiqueté. Les camionneurs ne savent pas exactement ce qu’ils transportent dans leur camion.

Finalement, c’est la complétion et les cimentations.

Les forages ont lieu nuit et jour. Ensuite quand ils forent au travers la nappe phréatique, c’est normal qu’ils auront ce qu’ils appellent des « pertes ». Cela veut dire qu’ils perdent des fluides de forage dans la nappe phréatique. Cela se produit parce que le ciment fendille ou s’effrite, tout comme les fondations de votre maison. Ajoutez à cela les dangers du gaz sous pression.

Lire la suite http://lesamisdurichelieu.blogspot.ca/2014/09/confidences-dun-travailleur-petrolier.html

Confessions of an Oil and Gas Worker: I live in Heaven, but I work in Hell… http://www.wepac.ca/fracking-and-environment/confessions-of-an-oil-and-gas-worker-i-live-in-heaven-but-i-work-in-hell/

einstein-gun-control

Une conscience universelle vers le bien commun par Pr Chems Eddine CHITOUR – Samedi 21 Juin 2014

Extraits :

(…) Les gouvernements occidentaux et depuis ceux qui émergent, obnubilés par une boulimie énergétique, ont un comportement énigmatique. D’un côté, on parle de changements climatiques, de la nécessité d’aller vers des énergies renouvelables pour ne pas dépasser le seuil de non-retour en termes de changements climatiques. De l’autre, une véritable frénésie s’est emparée des pays industrialisés pour traquer la moindre bulle de gaz et même la moindre goutte de pétrole. Dans ce cadre, un nouveau regain est donné au carbone et donc à la pollution. C’est le cas de l’exploitation irrationnelle des gaz de schiste aux Etats-Unis et qui fait des émules en Europe et…en Algérie. (…)»

(…) Innombrables sont les indicateurs qui nous alarment d’une surchauffe de la planète, d’un épuisement gravissime d’une Terre sur-occupée et surexploitée: bouleversement global du climat, mort biologique des sols suite aux abus d’usages productivistes et courtermistes, pollutions sans cesse plus irréversibles, recul effarant des autres espèces dont nous occupons indûment les niches, déclin d’une biodiversité pourtant salutaire à l’humanité, déforestation sur tous les continents, épuisement des mers et des océans, tarissement de toutes les ressources dont la grande majorité n’est pas renouvelable… (…)

(…) Arne Moers, co-autrice de l’étude déclare: «Nous prenons un énorme risque à modifier le bilan radiatif de la Terre: faire basculer brutalement le système climatique vers un nouvel état d’équilibre auquel les écosystèmes et nos sociétés seront incapables de s’adapter. […] Le prochain changement pourrait être extrêmement destructeur pour la planète. Une fois que le seuil critique sera dépassé, il n’y aura plus de possibilité de revenir en arrière.» (…)

(…) Pour contrer le réchauffement climatique, pourquoi ne pas modifier le climat? C’est par ces intentions prométhéennes que les savants nous promettent de régler le problème.

Comme le pense Hervé le Treut climatologue membre du Giec: «La géo-ingénierie apparaît comme dernier rêve de Prométhée. Nous avons appris que nous ne sommes pas les maîtres et possesseurs de la nature mais l’inverse. Non, nous sommes entièrement dépendants de notre environnement. Nous sommes des créatures terrestres menacées comme les autres espèces, pas les conquérants de l’univers.» A nous de choisir entre le chaos et la sobriété énergétique.(…)

(…) A vouloir jouer les apprentis sorciers l’éthique en prend un coup. Mais que reste t-il de cette dernière dans un monde où le laminoir de la prédation fait fi du patrimoine génétique de la faune et de la flore de l’humanité pour le plus grand bien de ces mercenaires du vivant et pour le plus grand malheur du monde. A moins que le citoyen ne se réveille, que l’Etat retrouve ses racines, que la société réapprenne le sens du collectif: notre avenir, qui dépendra de l’état de nos biens communs, au premier chef la composition de notre atmosphère, ne peut pas être approprié, car il nous appartient. La dictature du carbone écrit Frédéric Denhez doit être l’aiguillon de notre réveil sociopolitique, pas celui de l’oligarchie qui fait profil bas depuis le début de la crise.» (7) (…)

En savoir plus http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour/197121-une-conscience-universelle-vers-le-bien-commun.html

Après être partis de Cacouna le 10 mai, les marcheurs se sont arrêtés mardi, dans le secteur de Saint-Janvier, à Mirabel, où ils ont fait le point sur leur périple.

Après avoir porté leurs pas sur quelque 700 kilomètres à travers le Québec, le groupe formant la Marche des peuples pour la Terre Mère est arrivé, mardi dernier, dans les Basses-Laurentides, pour ensuite mettre le point final à leur parcours à Kanesatake, ce samedi 14 juin.

Marche des Peuples pour la Terre Mère

Marche des Peuples pour la Terre Mère

Marche des Peuples pour la Terre Mère

Marche des Peuples pour la Terre Mère

Mardi soir, ils se sont arrêtés dans le secteur de Saint-Janvier, à Mirabel, où ils avaient convié médias et élus de la région afin de leur parler de leur lutte contre les énergies fossiles, plus précisément contre les oléoducs d’Enbridge et de TransCanada. Les élus brillaient par leur absence.

De 25 marcheurs qu’ils étaient au départ de Cacouna, le 10 mai dernier, près d’une quarantaine ont en cours de route formé les rangs du groupe qui s’est arrêté dans plusieurs municipalités où ils souhaitaient sensibiliser les citoyens à la menace que représentent pour le Québec les projets des deux compagnies pétrolières albertaines.

Lire la suite http://www.nordinfo.com/Actualit%C3%A9s/2014-06-13/article-3762166/Marche-des-peuples-pour-la-Terre-Mere-fin-dun-long-periple-de-Cacouna-a-Kanesatake/1

Autres articles :

Marche des peuples pour la terre mère : les marcheurs arrivent à Kanasetake 

http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/06/11/marche-des-peuples-pour-la-terre-mere-photos_n_5486236.html#slide=3352263

Des citoyens marchent pour dénoncer les oléoducs

http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/411028/marche-contre-les-oleoducs-au-quebec-des-citoyens-denoncent-ottawa-et-quebec

Marche des peuples #6 – Poème de Gaston Miron récité par Mathieu le long du fleuve.

Après un parcours de 700 km la Marche pour la Terre mère est arrivée à Montréal. Partis de Cacouna le 10 mai dernier, cette marche a comme objectif de sensibiliser les communautés aux risques du tracé qu’emprunterait l’oléoduc Énergie Est de TransCanada. Cet oléoduc acheminerait du pétrole extrait des sables bitumineux de l’Alberta jusqu’au Nouveau-Brunswick. Plusieurs activités sont prévues à Montréal.

coule-pas

Manifestation devant les raffineries Suncor et le bureau de la député de Pointe-aux-Trembles

http://www.peuplespourlaterremere.ca/

http://lesindignesduquebec.wordpress.com/2014/06/06/montreal-accueille-la-marche-pour-la-terre-mere/


LYRICS

Are you going to Crawberry Hill?
Where they plan to frack out its heart,
Beneath the rock lies plenty of shale,
We are there to prevent their start,

—-
Tell them to come and protect their land
On the side of a hill in the middle of a field

We will be a united force
We must come together as one

Peacefully together we’ll stand
We will stop them from getting their yield

(suite…)

« Alors que tout reste incertain, nous pouvons être sûrs, absolument sûrs, que les générations futures ne nous pardonneront ni nos silences, ni notre apathie. »

Nous vous proposons ici la traduction d’un article de Noam Chomsky (ainsi que la vidéo sous-titrée en français du discours correspondant) intitulé « On the Edge » (Au bord du précipice), paru le 9 mai 2014 sur le site internet http://www.pen.org:

Quand j’entends l’expression « au bord du précipice », l’image qui me vient ce sont les fameux lemmings avançant résolument vers le bord de la falaise.
Pour la première fois de l’histoire, les humains sont sur le point de détruire les perspectives d’une existence décente, ainsi que la plupart du vivant. Le taux d’extinction des espèces est aujourd’hui aussi élevé qu’il y a 65 millions d’années, lorsque qu’une catastrophe majeure, probablement un astéroïde géant, mis fin à l’ère des dinosaures, ouvrant la voie à la prolifération des mammifères. La différence c’est qu’aujourd’hui, l’astéroïde c’est nous, et la voie que nous ouvrirons permettra probablement aux bactéries et aux insectes de proliférer.

Les géologues divisent l’histoire de la planète en ères de stabilité relative. Le pléistocène, d’une durée de plusieurs millions d’années, fut suivi par l’holocène qui dura 10 000 ans, coïncidant avec l’invention humaine qu’est l’agriculture. Aujourd’hui, beaucoup de géologues ajoutent une nouvelle époque, l’anthropocène, qui commence avec la révolution industrielle, à l’origine d’une transformation radicale de la nature. A la lumière de la vitesse du changement, on préfèrerait ne pas savoir quand l’époque suivante commencera, ni ce qu’elle sera.

Une des caractéristiques de l’anthropocène est l’extraordinaire taux d’extinction des espèces. Une autre, la menace que nous représentons pour nous-même. Aucune personne instruite ne peut ignorer que nous sommes à l’aube de terribles désastres environnementaux, dont on peut d’ores et déjà constater les prémices, et cela pourrait devenir désastreux en quelques générations si la tendance actuelle n’est pas inversée.

(suite…)

image14.png

Note de l’éditeur

Ceci est un « livre à thèse », une thèse forte et iconoclaste, qui déplace radicalement notre vision de l’histoire du XXe siècle : les contours et les transformations des régimes politiques dits « démocratiques » ont été largement déterminés par les propriétés géophysiques des principales énergies carbonées, le charbon d’abord, puis le pétrole.

Ainsi, la pesanteur du charbon, la nécessité de l’extraire des mines puis de le charger dans des convois, etc., ont donné à ses producteurs un pouvoir considérable sur les flux d’énergie alimentant l’économie ; en utilisant la menace de les interrompre, ils créèrent syndicats et partis de masse, à l’origine des premières démocraties de l’ère moderne. Face à ces forces concurrentes, les classes dominantes occidentales ont cherché à organiser la transition énergétique à l’échelle mondiale. En effet, grâce à sa fluidité, sa légèreté et son exceptionnelle concentration en énergie, le pétrole permettait de contourner les réseaux et pouvoirs anciens. Ainsi fut créé un système d’acheminement beaucoup moins intensif en travail, plus flexible, résolument international… et beaucoup plus facilement contrôlable par les États et les multinationales.

Un autre régime s’est progressivement mis en place, dans lequel la vie politique s’est retrouvée anémiée, la paix sociale et la prospérité des « démocraties » occidentales ont reposé sur l’autoritarisme moyen-oriental, et où la croissance illimitée s’est transformée en religion. Aujourd’hui, ce système est au bord de l’effondrement et nous pose une question cruciale : comment les énergies postpétrole pourront-elles donner naissance à des régimes réellement démocratiques ?

Présentation de l’ouvrage par Corinne Delmas sur Lire.revues.org   http://lectures.revues.org/12386#references

Voilà un livre assez extraordinaire dont je conseille vivement la lecture. L’histoire économique nous enseigne que les institutions sont largement fonction des activités économiques, les activités à rendement décroissant, au premier rang desquelles l’exploitation des ressources naturelles, produisant des institutions non démocratiques appropriées à des économies basées sur la rente, et les activités à rendement croissant étant basées sur la recherches de synergies qui supposent et stimulent une économie fondée sur l’existence d’un bien commun qui favorisent l’émergence d’institutions démocratiques, comme l’an étudié Erik Reinert, travaux que j’ai abondamment documentés.

Timothy Mitchell montre comment le pétrole s’est développé d’une part pour couper court aux capacités de lutte de la classe ouvrière qui s’était organisée sur la base d’un industrialisation fondée sur le charbon, d’autre part parce que quelques grandes compagnies – au premier rang desquelles la Strandard Oil – ont organisé la rareté, n’ouvrant les puits de pétrole qu’en fonction d’un marché et surtout de régimes politiques qu’elles contrôlaient.