GAZ DE SCHISTE?

QU’EST CE QUE C’EST?

Autant commencer par la définition du ministère de l’Ecologie, du développement durable, etc

“Le « gaz de schiste » est un gaz contenu dans des roches sédimentaires argileuses, situées entre 1 et 3 kilomètres de profondeur, qui sont à la fois compactes et imperméables. C’est un gaz qui se trouve piégé dans la roche et qui ne peut pas être exploité de la même manière que les gaz contenus dans roches plus perméables. Son exploitation nécessite le plus souvent des forages horizontaux et une fracturation hydraulique de ces roches profondes. Le gaz remonte à la surface à travers un tube en acier puis rejoint un gazoduc.
Il y a une quinzaine d’années, on ignorait comment exploiter ce gaz contenu dans ces formations géologiques. Ce gaz est aujourd’hui extrait en grande quantité aux États-Unis où il représente 12 % de la production locale de gaz contre seulement 1 % en 2000. En Europe et notamment en France, l’évaluation de ce type de ressources démarre à peine. Selon certains experts, les réserves mondiales de gaz de schiste seraient 4 fois plus importantes que les ressources en gaz conventionnel.”
Source : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Qu-est-ce-que-le-gaz-de-schiste.html

voir aussi:

-­ Un dossier pédagogique sur le gaz de schiste
http://www.bouzic-perigord.fr/spip.php?rubrique43`
– Des informations sur le gaz de houille le gaz de houille
-­ Définitions des différents gaz
http://www.manicore.com/documentation/petrole/gaz_non_conv.html
-­ Un comparateur des fournisseurs de gaz, on y trouve un dossier sur les gaz dits “non-conventionnels”
http://www.selectra.info/index.php/Gaz-non-conventionnel.html
-­ L’ABC du gaz de schiste
http://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2010/09/10/labc-schiste-leau-gaz

………………………………………………………………………………………………………………………..

L’EXPLORATION, L’EXPLOITATION

La fracturation hydraulique

Voyons les méthodes d’extractions… Afin d’exploiter ce gaz de schiste, il est nécessaire de pratiquer des micro-fissures dans ces roches afin de permettre au gaz d’être libéré. Cette technique est communément appelée fracturation hydraulique.

“La « fracturation hydraulique » est la dislocation ciblée de formations géologiques peu perméables [1]  [2], par le moyen de l’injection sous très haute pression d’un fluide destiné à fissurer et micro-fissurer la roche. Cette fracturation peut être pratiquée à proximité de la surface, ou à grande profondeur (à plus de 1 km, voire à plus de 4 km dans le cas du gaz de schiste), et à partir de puits verticaux, inclinés ou horizontaux.
La première étape technique est le forage d’un puits (…) Elle est effectuée en fracturant la roche par un « stress » mécanique [3] à l’aide d’un fluide injecté sous haute-pression à partir d’un forage de surface, pour en augmenter la macro porosité et moindrement la micro-porosité. Le fluide peut être de l’eau, une boue ou un fluide technique à viscosité contrôlée enrichi en agents durs (grains de sable tamisé, ou microbilles de céramique) qui empêcheront que le réseau de fracture se referme sur lui-même au moment de la chute de pression.
On parle aussi d’« hydrofracturation » ou « fracturation hydrosiliceuse » (ou encore « « frac jobs » » [4] « frac’ing » dans l’industrie [5] ou plus généralement « fracking » [6], ou de « fracturation hydraulique massive »
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fracturation_hydraulique

voir aussi:
-­ Une simulation de la fracturation hydraulique
http://app.owni.fr/gaz/
-­ Une autre version par Le NY Times
http://www.nytimes.com/interactive/2011/02/27/us/fracking.html?ref=us

Une video de Questerre “entreprise d’exploration hydraulique” qui a pour vocation “d’acquérir des terrains de grande envergure dans des régions sous-explorées”, si, si, c’est eux qui le disent, montrant le principe de fracturation hydraulique.

http://www.questerre.com/fr/gaz-de-shale/french-videos/

C’est très calme, limite bucolique, bref on n’y croit pas une seconde…

……………………………………………………………..

Les fluides de fracturation

L’EPA, agence pour la protection de l’environnement des États-unis vient de remettre son rapport préparatoire à l’étude, engagée depuis mars 2010, pour évaluer les conséquences potentielles de la fracturation hydraulique sur les ressources en eaux potables. Il ne s’agit pour le moment que d’un rapport préparatoire, l’étude finale ne devrait être remise qu’en 2014.

Ce rapport, réalisé par les démocrates de la Commission de l’Energie et du Commerce de la Chambre des Représentants américaine est présenté comme « l’inventaire national le plus complet » à ce jour sur la chimie utilisée par l’industrie des gaz de schiste. Il a été réalisé à partir des réponses au questionnaire envoyé par la Commission aux 14 compagnies de production de gaz et de pétrole non conventionnels les plus importantes du pays.

Les réponses de ces compagnies montrent l’utilisation entre 2005 et 2009 de plus de 2500 produits chimiques dans les phases de fracturation hydraulique nécessaires à l’extraction de gaz ou de pétrole de schiste. Ces 2500 produits chimiques contenaient environ 750 substances chimiques différentes.

Parmi toutes ces substances chimiques, les parlementaires ont mis en évidence la présence de 29 substances connues aux Etats-Unis pour être des cancérigènes probables ou suspectés ou des polluants dangereux de l’air ou de l’eau règlementés selon le Safe Drinking Water Act. Citons parmi ces substances les dangereux benzene, toluene, xylene, ethylbenzene (les BTEX), formaldehyde…ou même du Gaz oil !

Les quantités sont considérables : plus de 38 millions de litres de produits contentant au moins un cancérigène, plus de 43 millions de litres de BTEX en 5 ans ! Ces substances étaient présentes dans environ 650 produits chimiques différents.

D’autres molécules dangereuses repérées. Comme le 2-butoxyethanol, un surfactant entrant dans la composition de très nombreux produits de fracturation (126) et pouvant provoquer la destruction des globules rouges ou des dommages au foie ou à la moelle osseuse.

Les compagnies américaines ont pourtant utilisé plus de 82 millions de litres de produits contenant cette substance entre 2005 et 2009. C’était même l’ingrédient de fracturation le plus utilisé au Texas pendant cette période !

Les compagnies gardent secrètes certaines formulations en plaidant le secret industriel ! Certaines compagnies n’ont pas voulu ou pu communiquer l’intégralité de la composition de certains produits de fracturation car des ingrédients dans ces formulations étaient, selon elles, la propriété de firmes leur ayant fourni la substance et en tant que telles protégées par le secret industriel.

A ce sujet le rapport conclu clairement que « dans ces cas il apparaît que les compagnies injectent des fluides qui contiennent des substances chimiques inconnues au sujet desquelles elles ne peuvent avoir qu’une compréhension limitée des risques potentiels qu’elles posent pour la santé humaine et l’environnement » !

Ces produits contentant au moins une substance couverte par le secret industriel ont représenté plus de 354 millions de litres de 279 produits de fracturation entre 2005 et 2009 !

« Ce rapport américain officiel montre clairement que la fracturation hydraulique utilisée dans l’extraction des gaz et pétrole de schiste utilise de nombreux produits chimiques dangereux. C’est la réalité de cette technique et de cette industrie : il n’existe pas de fracturation hydraulique propre, un mythe ! » déclare François Veillerette, Porte Parole de Générations futures, association agréée impliquée dans les questions de santé environnementale.

« Le gouvernement français, à la lumière de ce rapport, doit officiellement et définitivement abroger les projets prévus sur le territoire national et renoncer au recours à ces sources dans le futur » Ajoute t’il.

La liste des molécules dangereuses mise en évidence par le rapport

29 substances ‘Cancérigènes’ ou polluantes dangereuses de l’eau (PDE) ou de l’air (PDA). Le nombre indique le nombre de produits chimiques dans lesquels la substance a été déclarée aux USA.

* Methanol (Methyl alcohol) PDA 342
* Ethylene glycol (1,2-ethanediol) PDA 119
* Diesel Cancérigène, PDE, PDA 51
* Naphthalene Cancérigène, PDA 44
* Xylene PDE, PDA 44
* Hydrogen chloride (Hydrochloric acid) PDA 42
* Toluene PDE, PDA 29
* Ethylbenzene PDE, PDA 28
* Diethanolamine (2,2-iminodiethanol) PDA 14
* Formaldehyde Cancérigène, PDA 12
* Sulfuric acid Cancérigène 9
* Thiourea Cancérigène 9
* Benzyl chloride Cancérigène, PDA 8
* Cumene PDA 6
* Nitrilotriacetic acid Cancérigène 6
* Dimethyl formamide PDA 5
* Phenol PDA 5
* Benzene Cancérigène, PDE, PDA 3
* Di (2-ethylhexyl) phthalate Cancérigène, PDE, PDA 3
* Acrylamide Cancérigène, PDE, PDA 2
* Hydrogen fluoride (Hydrofluoric acid) PDA 2
* Phthalic anhydride PDA 2
* Acetaldehyde Cancérigène, PDA 1
* Acetophenone PDA 1
* Copper PDE 1
* Ethylene oxide Cancérigène, PDA 1
* Lead Cancérigène, PDE, PDA 1
* Propylene oxide Cancérigène, PDA 1
* p-Xylene PDA 1

Source : http://cdurable.info/Gaz-et-petrole-de-schiste-rapport-parlementaire-americain-substances-toxiques-chimiques-fracturation-hydraulique,3400.html

Voir Hydraulic Fracturing Report 4.18.11.pdf

Voir aussi quels sont les scientifiques qui travaillent sur ce rapport : http://www.asteur-amerique.org/spip.php?article184

……………………………………………………………………………………………………………………………………………

TOXICOLOGIE, CHIMIE

André Picot est fondateur de l’association ATC (Association Toxicologie et Chimie), il vient de publier un rapport sur le Gaz de schiste et envoie le résultat aux députés avant l’analyse de la loi à l’Assemblée le 10 mai 2011. Nous retranscrivons ci-dessous le courrier adressé aux députés dans laquelle il précise « Notre engagement se justifie par le souci d’éviter un désastre écologique« . Vous trouverez le rapport d’André Picot à la fin de l’article.

Le Président, Madame, Messieurs les Ministres, Mesdames, Messieurs les Députés,

L’Association Toxicologie-Chimie (ATC) tenait à vous faire parvenir ce bilan toxicologique et chimique, concernant l’exploration et l’exploitation des huiles et gaz de schiste ou hydrocarbures de roche-mère.
En effet, alors que nous prenions connaissance des conséquences néfastes aux Etats-Unis et au Canada, engendrées par cette pratique, tant sur la faune, la flore que sur les populations environnantes, nous apprenions, parallèlement, que ce type d’exploitation allait être mis en application dans d’autres pays, et notamment sur notre territoire français.
Après la lecture de nombreux documents, l’ATC a souhaité confier à son Président, le soin d’établir ce bilan, en ciblant la majorité des produits mis en œuvre dans les techniques d’exploration et d’exploitation des huiles et gaz de schiste ou hydrocarbures de roche-mère, par fracturation hydraulique.
Ces analyses nous ont amené à nous interroger sur les impacts négatifs, tant sur le plan sanitaire qu’environnemental et, de ce fait, nous désirons interpeller les élus et représentants de notre pays.
Le « principe de précaution », constitutionnel, mis en avant par la loi du « Grenelle 1» devrait, en toute logique, s’appliquer dans son intégralité.
Ne pourrions-nous pas, par exemple, attendre la position de l’Agence Américaine de l’Environnement (EPA), dont les résultats d’une étude globale sur les impacts environnementaux et sanitaires, liés à ce type d’exploitation, ne seront clôturés et publiés qu’à la fin de l’année 2012 ?
Nous avons noté qu’à ce jour, le nombre de produits nécessaires à la fracturation hydraulique est considérable et sans précédent. Nous espérons que les dégâts constatés aux Etats-Unis et au Canada ne soient pas la partie immergée d’un iceberg. L’avenir nous l’apprendra, mais certainement trop tard !
Un autre argument qui devrait faire appel à la sagesse et à la raison : à ce jour, l’eau potable se raréfie sur notre planète, aussi pouvons-nous nous offrir le luxe de souiller nos nappes phréatiques, sachant que la population de notre planète ne cesse d’augmenter, et les déserts de progresser ?
Nous espérons très sincèrement que cette analyse scientifique toxicochimique retiendra toute votre attention, pourra étoffer les informations générales dont vous disposez déjà sur ce sujet d’actualité très préoccupant, et vous servira d’appui pour vos prochains débats.
Notre engagement se justifie par le souci d’éviter un désastre écologique. Nous restons à votre entière disposition.
Nous vous prions d’agréer, Madame, Messieurs les Ministres, Mesdames, Messieurs les Députés, l’expression de notre considération.

André PICOT

ASSOCIATION TOXICOLOGIE-CHIME
MDA10, 206, Quai de Vlamy – 75010 – Paris http://www.atctoxicologie.free.fr

Voir le rapport : Bilan_Toxicologie__Chimie_Gazdeschiste

Source : http://atctoxicologie.free.fr/


commentaires
  1. Ouchene dit :

    Une mentalité de rentier , une realité butin de guerre , un gaz non traditionnel , une politique d’extreme gauche , le dictat des societés multinationales.
    On va tout droit vers la magestie du nean.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s