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Si EGL, devenue Française de l’énergie, pouvait par le passé forer, pour tester la valeur du gaz de houille, sans passer par l’étape  » avis des communes » ce n’est plus le cas. Certes, l’avis n’est que consultatif, seule la préfecture peut agir, mais le scrutin permet de donner une tendance au représentant de l’État comme à l’industriel – bien que les associations écologistes doutent que l’un ou l’autre en ait cure.⇒⇒⇒⇒

 

ATTENTION A LA MANIPULATION DES PETROLIERS

 

L’article

La société spécialisée dans le gaz de houille European Gas Limited (EGL) a décidé de se rebaptiser « Française de l’Energie ». Elle espère démarrer l’exploitation du gaz de houille en Lorraine en 2017 grâce à une technique présentée comme « non-invasive« . Notre décodage de cette déclaration.⇒⇒⇒⇒

Ce mercredi 8 juillet, European Gas Limited (EGL), la société qui veut exploiter le gaz de houille en France, change de nom pour devenir la Française de l’Energie. Un nom symbolique pour montrer qu’EGL a fait fi de ses anciennes racines australiennes à la faveur d’un actionnariat principalement français et d’une implantation locale en Lorraine. Depuis 2009, cette PME a pour ambition d’exploiter le méthane contenu dans les veines de charbon du sous-sol français, à commencer par l’est et le nord de la France. En 2012 et 2013, Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif, vantait cette ressource qui permettrait de fournir 10 ans de consommation de gaz à la France.⇒⇒⇒⇒

La DREAL Lorraine (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) est l’organisme en charge de la prévention des risques et du contrôle des forages effectués par la société EGL. La DREAL locale reste évasive sur les résultats de ses observations concernant le forage exploratoire de gaz de houille à Tritteling-Redlach. Son discours est parfois en contradiction avec celui de l’exploitant EGL.

Pour en savoir plus : Br HOUILL ard : un webdoc sur les enjeux du gaz de houille lorrain https://bastagazales.fr/2014/11/26/br-houill-ard-un-webdoc-sur-les-enjeux-du-gaz-de-houille-lorrain/

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(…) Des experts estiment qu’il y aurait douze années de consommation régionale de gaz de houille sous nos pieds. Gazonor, missionnée par EGL, va entreprendre des explorations à Avion et Divion pour connaître exactement le potentiel. Deux puits vont être construits rue Lebacq à Divion au printemps 2015. La mission d’enquête régionale a tenté de faire la lumière en toute neutralité sur ce projet, même si certains membres ont été accusés d’y être favorables. Bertrand Péricaud en est le président.(…)

(…) La conclusion de la mission ? « Il n’y a pas de risques incontrôlables », tranche Bertrand Péricaud, qui souhaite néanmoins qu’EGL aille à la rencontre de la population pour expliquer le projet. C’est prévu : en fin d’année, la firme devrait prendre contact avec les habitants, très inquiets. Il faut dire qu’ils ont été peu informés sur le sujet via la voie officielle. Bertrand Péricaud n’exclut pas de faire un partenariat public-privé avec EGL en cas d’exploitation du gaz de houille à Divion et Avion. Pour que la manne financière profite à la Région. Il estime que cinq cents emplois pourraient être créés.

Le maire de Divion Jacky Lemoine affirme sa position : c’est «non»

« J’ai lu les rapports d’enquête, je me suis renseigné… » Et ? C’est non. Le premier édile avoue partager pleinement l’inquiétude de ses administrés quant aux deux puits d’exploration et à la possible exploitation. « Je suis allé au colloque à Lens (le 9 octobre) et je n’ai pas été rassuré. » Il y a pourtant entendu l’argumentaire de toutes les parties. Son inquiétude porte sur la faille du Transvaal, qu’il conviendrait de ménager selon lui. Et la possible pollution de la nappe phréatique due aux forages. « En Australie, il y a des défauts d’étanchéité des tubes. Pour moi, il y a des risques. Et s’il y a un problème sanitaire, on fait quoi ? Il vaudrait mieux que l’on mette l’argent dans d’autres énergies. » La création d’emplois ? « On ne sait même pas combien. On ne va pas prendre de tels risques pour pas grand-chose. »
Le maire de Divion n’a pas encore été contacté par Gazonor pour une campagne de communication. « La population n’avait pas été prévenue du projet, c’était une énorme erreur. J’ai proposé qu’on fasse un livret avec Gazonor et toutes les parties. » Mais pour l’instant, silence radio.

Lire la suite http://www.lavoixdunord.fr/region/gaz-de-houille-a-l-aube-des-forages-silence-radio-et-ia32b53990n2464209

Communiqué de presse – 24 octobre 2014,

Les collectifs locaux, communiquent : Suite à l’article publié dans La Voix du Nord, le 18 octobre 2014

Dans un article de La Voix du Nord de samedi 18 Octobre, Monsieur Péricaud, conseiller régional du Nord/Pas-de-Calais, fait une nouvelle fois la promotion de l’exploitation du gaz de couche dans la région.Tous les arguments sont “bons” : estimations biaisées, omission des dégâts environnementaux, mirages des emplois, négation des objectifs de la loi sur la transition énergétique.

Dans un document distribué par EGL lors de la mission d’enquête en janvier dernier, l’estimation des ressources était de 1,4 année de consommation française pour notre région. Quelques mois plus tard, l’estimation est d’une douzaine d’années de consommation française, sans qu’aucun élément nouveau de recherche ne soit intervenu. Pourtant EGL a fait à l’époque une réponse écrite à notre demande de précision sur cette estimation :“nos résultats ont été confirmés par le BEICIP” (filiale de l’Institut Français du Pétrole).

Comment donner crédit à des estimations aussi fluctuantes ?

Monsieur Péricaud affirme que “le gaz aurait une utilisation locale et ne servirait pas à de la spéculation sur les marchés”. Mais, dans l’enquête publique relative au prolongement de la concession historique de Gazonor, on pouvait lire dans « les objectifs de l’entreprise » que celle-ci envisageait 150 puits de forages pour produire de l’électricité dans de petites unités de production, réparties sur le territoire de la concession étendue aux permis. L’électricité produite sera injectée dans le réseau. Comment, dans ces conditions, prétendre que le gaz de couche extrait serait utilisé localement ?

On peut lire aussi : “on estime que 500 emplois pourraient être créés” Nous avons demandé aux porteurs de projet comment ils avaient fait cette estimation mais aucune réponse n’a été donnée. Aux Etats-Unis la moyenne est de 1,2 emploi par puits.

Le président de EGL, Monsieur Moulin, a beau répéter qu’il n’utilisera pas la fracturation hydraulique pour faire de l’exploration, partout ailleurs dans le monde (Etats Unis, Chine…) le gaz de couche est exploité (à quelques puits près) par fracturation hydraulique, seule technique qui permette d’extraire le gaz de la roche mère.

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Bertrand Péricaud, conseiller régional communiste et président de la commission de développement économique, se souvient bien de la première fois où on parlé du gaz de houille.

C’était lors d’une rencontre à l’Elysée en 2011 où on passait en revue les projets régionaux. « Arnaud Montebourg nous a dit que nous devrions regarder le potentiel du gaz de houille. Même si c’est l’État qui donne les autorisations de forer et que la voix de la Région n’est même pas consultative, nous avions besoin d’un éclairage sur le sujet. » À l’époque on parlait beaucoup de gaz de schiste au États-Unis et des ravages sur l’environnement, ce qui a conduit au vote d’une loi interdisant la fracturation hydraulique le 13 juillet 2011.

Le conseil régional décide donc de lancer une mission d’enquête sous l’égide du schéma régional de développement économique. Les auditions de scientifiques, de spécialistes comme EGL (partenaire de Gazonor pour l’éventuelle exploitation du gaz de houille), des acteurs économiques… se succèdent. Une visite sur le terrain, en Moselle où l’exploration a déjà commencé est organisée en janvier 2014. « La Lorraine a deux ans d’avance sur nous. Nous avons visité les forages, rencontré les élus des communes concernées. Là bas, même les Verts au conseil régional y sont favorables. » Dans notre région, il semble se dégager une belle unanimité autour du dossier… sauf chez les Verts.

La conclusion de tout ce travail ? D’abord qu’il n’y a pas de risque insurmontable en terme écologique pour mener des forages d’exploration. Même s’il faudra prendre garde à la ressource en eau. La nappe phréatique est située à 300/400 mètres alors qu’on va forer à 1 000/1 500 mètres.

Ensuite, il est nécessaire de forer pour connaître le vrai potentiel de gaz et les conditions de son exploitation. (suite…)