Articles Tagués ‘Etude d’impact environnemental’

Par Jakub Iwaniuk

La nouvelle pourrait bien constituer un coup de grâce aux perspectives d’extraction du gaz de schiste en Pologne, déjà bien mal en point. La Commission européenne a décidé, jeudi 28 avril, de renvoyer la Pologne devant la Cour de justice de l’Union européenne pour des manquements présumés de sa législation en matière d’études d’impact environnemental concernant la fracturation hydraulique – méthode controversée d’extraction du gaz non conventionnel.

pologne (suite…)

POLAND-ENERGY-ENVIRONMENT-GAS

Puits exploratoire de gaz de schiste situé dans le village de Grzebowilk, dans l’est de la Pologne.
© Photo : Janek Skarzynski / AFP

Encouragée d’abord par des évaluations mirobolantes de ses réserves, la Pologne a décidé d’explorer l’option du gaz de schiste, cette ressource énergétique se parant à ses yeux de diverses vertus : alors que le pays est l’un des rares en Europe à poursuivre son développement industriel, il se heurte aux exigences climatiques de l’Union européenne (UE), incompatibles avec le maintien d’un parc énergétique en grande partie basé sur le charbon. Le sous-sol polonais regorge de cette ressource honnie des pourfendeurs d’émissions de gaz à effet de serre (GES) qui alimente la plupart des centrales électriques du pays.

Dans une optique de mise en conformité avec le droit communautaire, le gaz de schiste apparaît dès lors comme un outil de réduction de la part du charbon dans le mix énergétique polonais. Mais l’intérêt de cet hydrocarbure non conventionnel ne s’arrête pas là : il pourrait aussi faciliter la baisse de la dépendance vis-à-vis des importations de gaz russe, objectif essentiel à l’heure où l’Europe tout entière cherche des moyens de diversifier ses fournisseurs. Enfin, la révolution du gaz de schiste est pour le moment celle des États-Unis. Pour ce pays fortement atlantiste qu’est la Pologne, ce petit air américain est presque perçu comme un gage de modernité. En jouant les pionnières du gaz de schiste, la Pologne, qui n’a jamais caché ses désaccords avec certaines décisions comminatoires de Bruxelles, se verrait bien en élève modèle mais aussi avant-gardiste.

Lire la suite http://www.ladocumentationfrancaise.fr/pages-europe/d000750-pologne.-la-revolution-du-gaz-de-schiste-aura-t-elle-lieu-par-celine-bayou/article#.VEp9rxFDh-g.twitter

Céline Bayou, « Pologne. La révolution du gaz de schiste aura-t-elle lieu ? », P@ges Europe, 22 octobre 2014 – La Documentation française © DILA

STRASBOURG – Les eurodéputés ont renoncé mercredi à inclure l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste parmi les activités conditionnées au niveau européen à des études d’impact environnemental préalables, en échange d’un renforcement des règles régissant ces études.

Les eurodéputés avaient pourtant lors d’un premier vote demandé cette inclusion, dans la liste des quelque 200 types de projets pour lesquels une étude d’impact est obligatoire à l’échelle européenne. Ces activités vont de la construction d’infrastructures routières jusqu’aux élevages intensifs de porcs.

Les promoteurs de projets gaziers restent en revanche tenus de devoir évaluer au préalable les risques que peuvent faire peser l’exploitation et l’exploration du gaz de schiste par fracturation hydraulique sur la qualité de l’eau, a précisé le service de presse du Parlement européen.

Mais la qualité de l’eau ne constitue qu’une partie des études d’impact environnemental, qui incluent des études sur la biodiversité ou le changement climatique, et cela fera gagner beaucoup de temps aux promoteurs de projets gaziers, s’indigne l’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi.

Le Parlement européen a renoncé à inclure le gaz de schiste à la faveur de négociations informelles avec les Etats, comme le Royaume Uni, le Danemark, la Pologne ou la Roumaine, fervents partisans de l’exploitation de cette ressource.

Pour en savoir plus http://www.romandie.com/news/n/_Le_gaz_de_schiste_exempte_d_etudes_d_impact_environnemental_obligatoires_dans_l_UE60120320141831.asp

En octobre 2013, les eurodéputés avaient adopté des dispositions afin que les activités d’exploration et d’extraction d’hydrocarbures non conventionnels par fracturation hydraulique fassent obligatoirement l’objet d’une étude d’impact environnemental. Les parlementaires européens avait adopté ces mesures dans le cadre de la révision de la directive 2011/92 traitant de l’évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l’environnement.

A l’issue du vote, le Commissaire à l’Environnement, Janez Potočnik, avait publié un communiqué indiquant qu’il allait étudier avec attention les dispositions adoptées et collaborer avec le Parlement et le Conseil européen ( c-a-d les Etats membres de l’Union Européenne) pour aboutir à un accord.

Le compromis qui a été trouvé avec le Conseil Européen est très défavorable puisqu’il ne prévoit finalement aucune obligation de soumettre les activités d’exploration et d’extraction d’hydrocarbures non conventionnels par fracturation hydraulique à une étude d’impact environnemental. 

En n’imposant pas d’étude d’impact environnemental, les compagnies pétrolières et gazières seraient facilitées dans leurs projets d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures puisque les risques pour l’environnement (eau, utilisation des sols, air) ne seraient pas pris en compte préalablement à tout projet, ce qui est extrêmement grave.

Entre le 10 et le 13 mars, à Strasbourg, aura lieu la séance plénière du Parlement Européen.

Sera soumis au vote des parlementaires le 12 mars le texte présentant ce compromis sur la Directive 2011/92 traitant de l’évaluation des incidences environnementales (EIE) (procédure 2012/0297 (COD))

Nous proposons d’envoyer massivement, avant le 12 mars, une lettre sous forme de courriel demandant à l’ensemble de vos députés au Parlement Européen de ne pas voter ce texte.

En pièce jointe le message que vous pouvez adresser rapidement à vos députés européens Joint letter_EIA plenary vote_FINAL_March 2014_FR-1

et la liste des députés français au parlement européen avec leur adresse mail.

liste des parlementaires européens – France

Cette lettre a été rédigée par les participants de la rencontre européenne et maghrébine qui s’est déroulée les 7, 8 et 9 mars 2014 à Saint Christol lez Alès ( Gard – 30) réunissant quartorze pays d’ Europe et du Maghreb.

Merci beaucoup pour votre participation à cette campagne d’action urgente.

Le collectif Basta ! Gaz Alès

(suite…)

(suite…)

(suite…)