Articles Tagués ‘Expérimentation’

 Bonne analyse de la situation si vous avez décroché ces derniers temps…

Géraud Guibert – Président de La Fabrique Ecologique [1]
Novembre 2016

(suite…)

Retour de Juppé au Québec dans son ex-terre d’exil où il vante « la bonne croissance » et l’exploration des gaz de schiste. Il appelle de ses vœux un « pôle expérimental » en France concernant ces derniers, oubliant au passage les « laboratoires à ciel ouvert » que sont les États Unis et le Canada. Ironie de l’histoire, dans le même temps, une bonne partie de l’Alberta brûle à cause d’une saison exceptionnellement chaude et sèche, résultat des « expérimentations » canadiennes en matière d’hydrocarbures contribuant au réchauffement climatique (ici).

Alain_Juppé_à_Québec_(cropped_2)

Crédits Photos : Florence Cassisi

(suite…)

Depuis plusieurs semaines, une stratégie est patiemment mise en place par les lobbies visant à rendre acceptable auprès des décideurs politiques l’exploration des réserves potentielles de gaz et de pétrole de schiste et à créer les conditions d’une expérimentation au travers de sites pilotes.

Les lobbies intègrent dans leur discours la nécessité de tenir compte de pratiques respectueuses de l’environnement afin de convaincre des bienfaits de l’exploration.

Il faut remonter à moins d’une année pour commencer à voir se dessiner cette perspective avec le rapport de l’OPECST (l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques ) en novembre 2013, sur les alternatives à la fracturation hydraulique qui appelle à la création d’un programme de recherches sur celle-ci et sur les techniques alternatives pouvant inclure des forages expérimentaux. Ce rapport ne manque pas de recenser les différentes techniques ayant «des effets positifs sur l’environnement »

Le premier à poursuivre cette campagne est Jean-Louis Schilansky, Président de l’Union Française de l’Industrie Pétrolière (UFIP), qui au moment de la nomination de Ségolène Royal, au poste de ministre de l’Ecologie et de l’Energie, début avril 2014, insiste pour qu’elle revienne sur le dossier du gaz de schiste en appliquant totalement la loi du 13 juillet 2011, notamment les articles 2 et 4. (1)

Cette loi a prévu la mise en place d’une commission nationale d’orientation, de suivi et d’évaluation des techniques d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures liquides et gazeux. Elle est chargée d ‘évaluer les risques environnementaux liés aux techniques de la fracturation et aux autres alternatives. Elle offre la possibilité de mettre « en œuvre des expérimentations réalisées à seules fins de recherche scientifique sous contrôle public ».(2)

Cette commission qui définirait les conditions dans lesquelles les réserves potentielles de gaz de schiste pourraient être explorées n’ a toujours pas été activée.

Favorable aussi à l’exploration des sous-sols, Philippe Goebel, président de l’Union des Industries Chimiques souhaite que l’exploitation du gaz de schiste entre dans le plan de bataille pour la compétitivité.(3)

Dans le cadre du forum Enerpresse qui s’est tenu, fin juin 2014 à Deauville, Schilansky réaffirme que la France ne pourra pas rester seule à ne pas explorer et que cet isolement la sortira de cette position incroyable où elle s’est mise.(4)

L’Institut Montaigne lui emboîte le pas et publie en juillet 2014 un rapport intitulé « Gaz de schistes: comment avancer ». Il plaide pour que la France établisse un plan de recensement des ressources sous le contrôle d’une commission ad hoc et crée des sites pilotes pour expérimenter la fracturation hydraulique.

(suite…)

Byw2cXsIEAA7-zp.jpg large

(…)Toujours à droite, François Fillon n’a jamais caché sa déception de voir abroger (alors même qu’il était Premier ministre) ces permis de prospection. En novembre 2012 il estimait « criminel de se passer des recherches ». Passée la surprise, il y a peu de chance qu’il révise sa position au seul motif qu’elle est maintenant partagée par Nicolas Sarkozy. De son côté, Xavier Bertrand, lui aussi candidat déclaré à une éventuelle primaire de la droite, avait déjà fait connaître sa position à l’automne dernier. Dans une tribune publiée par le Figaro et dans la boîte à idées de l’UMP, il estimait que si « le gaz de schiste n’est pas la pierre philosophale et ne résoudra pas tous nos problèmes », il s’agit d’un « atout à exploiter ». De l’autre côté de l’échiquier politique, Arnaud Montebourg, alors ministre du redressement productif, ne cachait pas son envie d’y aller, mais « proprement ».

Alain Juppé aura attendu une semaine pour répondre au revirement de Nicolas Sarkozy. C’était sur le plateau de France 2, ce jeudi. Invité de l’émission politique « Des paroles et des actes », l’ancien premier ministre de Jacques Chirac a tenu à se démarquer, plaidant pour l’expérimentation à travers « un site pilote ». Avant toute décision, il refuse de balayer d’un revers de main les « enjeux environnementaux » et se montre donc nettement plus prudent que son principal concurrent à droite.(…)

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/comment-le-gaz-de-schiste-est-devenu-le-nouveau-marqueur-de-la-droite_1607664.html

(…) « On a eu à l’époque une majorité parlementaire forte qui ne voulait pas des gaz de schiste. J’étais ministre et j’en étais, je me suis battue pour qu’on puisse retirer les permis qui avaient été accordés un peu rapidement par Jean-Louis Borloo et passer une loi qui interdit le type d’exploitation pratiqué aux États-Unis et qui devrait autoriser des expérimentations à des fins scientifiques sous contrôle public », a-t-elle expliqué. Ces expérimentations « ne sont pas mises en oeuvre aujourd’hui. Je trouve ça un peu dommage », a-t-elle dit.

« S’il y avait moyen d’extraire de manière complètement propre » ce produit « qui coûte très cher dans notre balance commerciale », « ce serait bien », mais « la vérité est que les technologies disponibles ne sont pas propres et que le type d’exploitation qui a été mené aux États-Unis a conduit à une forme de dévastation écologique, paysagère aussi, dont je ne veux pas en France », a-t-elle dit.(…)

En savoir plus http://www.lepoint.fr/politique/nkm-assume-ses-desaccords-avec-sarkozy-29-09-2014-1867582_20.php#xtor=CS1-32

Mercredi en fin de journée, la commission de l’Assemblée sur la loi de transition énergétique a abordé les objectifs chiffrés. Les tentatives pour préciser ces objectifs et créer des points de passage intermédiaires sont restées lettre morte.

(…)Toujours pas d’expérimentation de la fracturation hydraulique

A l’occasion des discussions relatives à la recherche dans le domaine de l’énergie, Julien Aubert a proposé un amendement visant à mettre en œuvre des explorations et des expérimentations de recherche scientifique sous contrôle public sur les ressources de pétroles de schiste, après avis de la commission ad hoc prévue par la loi de juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique.

« Une loi sur la stratégie énergétique ne peut pas faire l’économie d’un débat sur les hydrocarbures non conventionnels », a estimé le député UMP du Vaucluse. A noter qu’il a insisté sur le fait que son amendement vise l’huile de schiste, et non le gaz, car le pétrole concerne l’Ile-de-France, région qui exploite déjà des réserves d’hydrocarbures.

Cet amendement a été rejeté, conformément à l’avis défavorable de la ministre de l’Ecologie. Ségolène Royal a notamment évoqué des rapports publiés aux Etats-Unis faisant état « des effets pervers d’une bulle spéculative », « de dommages graves en terme de santé publique causés aux riverains » et d' »une dégradation de l’environnement avec l’abandon des puits de gaz de schiste lorsqu’ils sont épuisés, sans engager la responsabilité des entreprises ».(…)

En savoir plus http://www.actu-environnement.com/ae/news/engagemeents-energetiques-loi-transition-objectifs-22766.php4

 Ce 5 juin 2014, l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST) conduit à l’Assemblée nationale une audition publique sur l’introduction d’un principe d’innovation dans la Constitution [1]. Les membres des Collectifs français NON aux pétrole et gaz de schiste et de houille sont scandalisés de voir ce débat animé par des personnalités telles qu’Anne Lauvergeon, ex-dirigeante d’Areva, Jean-Louis Schilansky, ardent promoteur des gaz de schiste ou Louis Gallois, président de La Fabrique de l’Industrie, lui aussi tout feu tout flamme pour mener en France des forages de recherche d’hydrocarbures non conventionnels.

Déjà adoptée ce mardi 27 mai par le Sénat à une large majorité [2], cette nouvelle loi constitutionnelle «visant à équilibrer le principe de précaution avec le principe d’innovation » [3] & [4]  vise en réalité à affaiblir, voire annihiler le principe de précaution. En effet, en affirmant que celui-ci « ne doit pas non plus être perçu comme un frein aux activités de recherche et de développement économique », les industriels, les financiers et les défenseurs de la croissance économique infinie appellent de leurs vœux une modification de la Constitution qui aura pour effet de permettre, entre autres, l’expérimentation scientifique à n’importe quel prix environnemental et à l’encontre de la santé publique et de la qualité de vie des citoyens.

Les collectifs constatent que ces nouveaux amendements sont une énième tentative pour autoriser dans notre pays de manière légale et, pire encore, d’inscrire dans la Constitution sous couvert d’expérimentation scientifique et d’innovation, le recours à des technologies et des techniques ayant déjà fait largement la preuve de leur dangerosité à l’étranger, notamment l’utilisation de la fracturation hydraulique et d’autres méthodes extractives. En effet, cette nouvelle loi constitutionnelle aurait pour effet d’autoriser immédiatement ce que la loi interdisant la fracturation hydraulique [5] écarte mal en prévoyant « la mise en œuvre des expérimentations, réalisées à seules fins de recherche scientifique sous contrôle public». Il sera aisé, ensuite, d’autoriser l’exploitation à large échelle des hydrocarbures non conventionnels. Ce principe d’innovation pourrait aussi remettre en cause les mesures de précaution inscrites dans la Charte de l’environnement et appliquées ces dix dernières années en ce qui concerne les manipulations génétiques végétales, animales, et humaines, ou encore le nucléaire.

(suite…)